Les économies annoncées dans les projets de rénovation énergétique sont rarement atteintes, ce qui aggrave la difficulté de les financer, même pour les offices HLM en immeubles collectifs... alors pour un propriétaire-bailleur au loyer encadré, c'est tout simplement souvent impossible. Ensuite, dans un immeuble, les travaux d'isolation thermique d'ensemble (donc les plus efficaces) sont soumis à la copropriété, en France, 25% des copropriétés sont en difficulté. Le propriétaire de bonne volonté qui serait prêt à améliorer sans rentabilité son bien, par civisme ou pour en préserver la valeur, sera souvent empêché, par une copropriété insolvable, qui rejettera sans fin les travaux à effectuer.
Pour compliquer la situation, 2024 a constaté une augmentation de 112% des procédures pour loyers ou charges impayés. Le bailleur fait face à un risque grandissant d'avoir une perte sèche de rentrées, alors qu'il a les charges de copropriété, impôt foncier et règlements d'emprunts à décaisser. Pour les 86% de petits propriétaires bailleurs, une telle situation provoque parfois leur mise en difficulté financière eux-mêmes, la situation portant généralement sur plusieurs années.
On peut comprendre la désaffection continue des investisseurs individuels en locatif, l'idée de se constituer un patrimoine pour compléter le jour venu une retraite qui représente une baisse inéluctable du revenu est nettement moins prisée, les prix d'acquisition ayant fortement monté, les loyers plutôt encadrés (passé de l'indice de la construction à l'indice de référence des loyers fabriqué exprès, lui-même désormais plafonné en dessous de l'inflation, quand c'est pas bloqué en zones tendues).
La perspective d'une part de retraite par capitalisation devrait encore accroître la migration de l'effort d'épargne des particuliers, au détriment de la détention d'immobilier locatif en direct, et la débarque des SCPI pour la détention de parts collectives ne va pas non plus dans le bon sens. Enfin, la rentabilité nette sur longue période n'est pas très intéressante, les plu-values à la revente risquent fort de ne plus être là, aujourd'hui on est sur le DPE G, mais la loi prévoit de faire de même avec le F, puis le E...tous ces logements en seront dépréciés à leur tour.
À la fin, l'État devra intervenir pour subventionner, soit le bailleur, soit les travaux, soit le locataire, mais il n'y a plus d'argent...