Je propose encore mieux, un permis à points à capacité variable !
Si tu réagis devant l'imprévu en moins 1 seconde : 10 points. En moins de 2 s : 5 points.
Si tu sais contrebraquer au simulateur sans froisser la tôle, 10 points. En la froissant, 5 points. En déclenchant l'airbag virtuel : 0 point. En tuant ton passager : -5 points.
Si tu t'en sors comme un chef sur la neige ...
... etc etc
Plus t'es fort en pilotage, plus ton capital de points sera élevé, et plus il sera résilient devant les retraits de points.
Ce serait sympa ça, non ?
Plus sérieusement : quand j'étais jeune, et jusqu'à mes 10 ans de permis environ, je me prenais pour le roi des pilotes. Et surtout sur neige, origines jurassiennes obligent.
Cet excès d'optimisme m'avait conduit les tout premiers mois à froisser un peu de tôle, rien de grave, mais curieusement je n'en tirais à chaque fois guère de leçons. En gros j'étais toujours en mode pilotage, c'est à dire au bord de mes propres limites et de celles de mes voitures.
La dixième année, un accident plus grave que les autres m'avait enfin fait comprendre que j'étais un vrai danger pour moi et surtout les autres. Heureusement, j'en m'en étais tiré sans aucune égratignure, et "l'autre" s'était extirpé de sa fourgonnette sur le flanc avec une assez méchante entaille au doigt, son passager étant lui-même totalement indemne. Plus de peur que de mal.
C'est pourquoi quand j'entends évoquer les "compétences de pilotage" un grand scepticisme me gagne. Et quand je lis que c'est bien de savoir réagir à l'imprévu, je me dis que quand l'imprévu prend le visage d'un type trop confiant qui te déboule dessus en plein virage, tu auras de la chance de t'en tirer avec une coupure au doigt.
Bref, pour moi le sentiment de "savoir piloter" parce-qu'on a appris à bien contrebraquer ou à freiner est dangereux, si cet apprentissage n'est pas associé à un examen psychologique approfondi.
Je suis sidéré qu'on puisse envisager un seul instant que la qualification en pilotage puisse autoriser certains à rouler plus vite !
Par contre, qu'elle fasse comprendre à quel point les situations inattendues sont diverses, et qu'on peut mieux s'en sortir avec des bons réflexes pourquoi pas. Mais qu'une telle qualification soit un prétexte pour rouler plus vite que d'autres, je trouve ça aberrant.
Sans parler du fait que les ESP obligatoires ont fortement nivelé le niveau des conducteurs. La seule fois en 20 ans où mon ESP était non seulement intervenu, mais m'avait semblé vraiment utile (je passe donc les multiples amorces de réactions sur neige voire sur rond-point mouillé), c'était sur une petite plaque de verglas que je n'avais vraiment pas imaginée à cet endroit, tournant bien sûr. L'ESP avait magnifiquement bossé, et le temps de le dire l'obstacle était passé. Je n'avais même pas eu le temps de faire quoi que ce soit, ni au frein ni au volant.
Je suis par contre favorable à un test d'aptitude à passer à partir de 70 ans, reposant sur une visite médicale même sommaire, vision en premier lieu bien sûr. Mais c'est pas si simple à mettre en œuvre, et surtout celà ne résout pas le question du jeune fou inconscient ni de la brute épaisse, jeune ou non